Le jeûne, pourquoi et comment ?

Par 14 mai 2017 février 5th, 2019 Vivre mieux

En détoxifiant l’organisme, le jeûne préviendrait nombre de maux parmi lesquels le surpoids, la fatigue chronique, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension, les allergies… Mais sa pratique nécessite de prendre quelques précautions.

Tous les jeûnes ne se ressemblent pas

Le jeûne peut être envisagé, à visée préventive, chez des sujets sains. Il se pratique aussi dans l’objectif de régénérer et revitaliser l’organisme, aux changements de saison notamment.

Le jeûne hydrique est le plus courant : il consiste à s’abstenir de toute alimentation solide. Un jeûne hydrique de 1 à 3 jours est pratiquement à la portée de tous, les jeûnes plus longs peuvent être éprouvants et doivent être suivis médicalement.

Le jeûne sec, quant à lui, impose l’arrêt de toute alimentation, solide comme liquide ; en aucun cas il ne peut durer plus de 3 jours. Plus récemment des versions de jeûne partiel ou jeûne modifié ont vu le jour. Ils intègrent des jus de légumes ou d’herbe de blé ou d’orge ou encore du bouillon, des jus de fruits, des tisanes, etc.

Sur le plan physiologique, le jeûne a pour but de désintoxiquer en profondeur l’organisme. Ce nettoyage a une action favorable sur les troubles en lien avec un état de surcharge de l’organisme. Les situations de surcharges ont en effet une incidence sur les fonctions cellulaires et métaboliques ; à long terme, elles creusent le lit des véritables maladies.

Il faut être mesuré en tout, respirer de l’air pur, faire tous les jours (…) de l’exercice physique et soigner ses petits maux par le jeûne plutôt qu’en ayant recours aux médicaments »  Hippocrate (460-375 av. J.-C.)

Comment  jeûner ?

On parle de jeûne au bout de 1 à 2 jours sans alimentation. Les jeûnes courts (24 à 48 heures) entraînent un repos organique. Les jeûnes d’une semaine et plus ont de surcroît un effet pondéral. Ce genre de cure se pratique sous surveillance.

La fréquence et la durée du jeûne s’envisagent individuellement en fonction de l’âge, du poids, de la vitalité de la personne, de son état de santé, physique comme psychologique, etc. De manière générale, mieux vaut privilégier la régularité que la durée : un jour par mois, 3 jours à chaque changement de saison.

Avant une période de jeûne, il est important de se préparer. La préparation du corps passe par une réduction progressive de l’alimentation en supprimant un à un chaque type d’aliment : les produits d’origine animale, en premier, ensuite les excitants (café, alcool, sucre, sel, cacao…), les graisses et huiles crues et les oléagineux, les céréales cuites, et enfin les fruits. De même, la sortie de jeûne se fait graduellement, avec une reprise progressive de l’alimentation.

On observe pendant le jeûne une perte de poids rapide, mais bien souvent, les kilos perdus pendant la période de jeûne sont repris rapidement. Jeûner peut toutefois aider à établir une autre relation à la nourriture, grâce notamment à une attention accrue aux saveurs, ce qui s’avère utile dans une démarche de perte de poids.

Le jeûne libère des toxines

Le jeûne libère l’organisme de nombreuses toxines et permet à l’appareil digestif et à tous les organes de se reposer. Bien souvent malmené par une alimentation déséquilibrée ou trop riche, le système digestif prend quelques vacances grâce au jeûne.

En favorisant l’élimination des toxines, la période de jeûne constitue une véritable cure « détox ». Le journal de la Canadian Medical Association (CMAJ), souligne qu’un « jeûne intermittent peut être bénéfique s’il ne sert pas à compenser les excès des autres jours » (lire l’article sur Nutrition.fr). Pour L’équipe de Mark Mattson, chercheur au National Institute of Aging du NIH, le jeûne pourrait donc réduire le stress oxydatif subi par l’organisme (1).

Selon un article paru en 2012 dans le journal The Guardian, des scientifiques américains émettent l’hypothèse que se priver de nourriture un ou deux jours par semaine pourrait limiter les effets des maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

Enfin, d’après une récente étude de l’Inserm, la privation de nourriture augmenterait l’efficacité de la chimiothérapie chez les souris atteintes de tumeurs malignes. La conclusion donne évidemment de l’espoir aux malades atteints de cancer : la réduction d’apports alimentaires pourrait accroître l’efficacité de la chimiothérapie.

Contre-indications et conseils

Toutefois, pour le Dr Bruno Raynard, responsable du département de diététique et nutrition à l’institut Gustave-Roussy, «rien ne prouve l’efficacité du jeûne sur l’homme, car aucune étude allant dans ce sens n’a été publiée ». La prudence s’impose donc, pour l’heure, les études s’intéressant au jeûne en tant que pratique thérapeutique étant encore trop peu nombreuses.

Les maladies affectant les organes d’élimination très sollicités par le jeûne, comme le foie et les reins, sont des contre-indications au jeûne. Tout comme le diabète insulino-dépendant, la tuberculose, la faiblesse et l’arythmie cardiaques, l’anorexie, la boulimie, la grossesse, l’allaitement. Il existe aussi des contre-indications relatives comme un poids trop faible, une tension artérielle basse, un âge avancé ou une convalescence.

Mieux vaut consulter un spécialiste avant d’entreprendre un jeûne et prévoir une supervision médicale en cas de jeûne prolongé (plus d’une semaine).

Il peut être également utile de lire l’ouvrage de Bernard Clavière, Et si on s’arrêtait un peu de manger… de temps en temps, qui livre de précieux conseils.

 

(1) (1) Collier R. Intermittent fasting: the science of going without. CMAJ. 2013 Jun 11;185(9):E363-4. doi: 10.1503/cmaj.109-4451. Epub 2013 Apr 8

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